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novembre 5, 2012

nos enfants de Dieu




« Alors Jésus déclara à la foule et à ses disciples : Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. » Mt 23, 9
                             

Nos enfants sont-ils vraiment nos enfants ? Certes ils viennent de notre chair. Par la naissance, mais surtout de par notre amour de père et de mère, la transmission de ce que nous sommes, par l’influence définitive que nous exerçons sur eux – responsabilité exorbitante.

Mais ils viennent aussi du souffle de Dieu. Ils sont nos petits frères en humanité et par l’Esprit enfants du Père comme nous[1], de la multitude des puînés du Christ[2]. Dans la vie éternelle nos liens de filiation s’estompent. Seul reste notre amour ; un amour dépouillé de ses ambiguïtés, ses scories de possessivité, de dépendance ou de pouvoir. Un amour d’égal à égal. Alors, peut-être que la paternité d’ici bas n’est qu’un rôle. Un service nécessaire pour que nos enfants puissent grandir et se construire. Un rôle délicat ; essayer de reprendre la paille dans leurs yeux en dépit de la poutre qui obscurcit notre regard, avec toujours cette inquiétude que nos poutres n’aient enfanté leurs pailles. Un rôle provisoire, contingent, dont nous ne sommes pas dignes et qui nous dépasse.

Et peut-être qu’au-delà des rôles la nature profonde, spirituelle de notre relation est la communion fraternelle. Un amour qui passe aussi par les failles. Un amour entre faibles. Entre des enfants faibles par nature et des parents qui se découvrent faibles, qui font des erreurs, ont tort, qui ont besoin de pardon.

A l’image de Jean avec le Christ[3], peut-être faut-il que les parents diminuent pour laisser leur enfant grandir ? Petit, en acceptant de le confier à d’autres adultes bienveillants, d’autres personnalités, d’autres styles d’être au monde. Accepter et se réjouir que ces autres portent sur lui un regard différent du nôtre, qu’ils l’aident aussi à grandir et à s’accomplir. Grand, le laisser partir vers d’autres références ; choisir ses chemins, déroutants parfois. Le perdre pour le retrouver[4].

« Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. » Jn 1, 3



[1] cf. 1Jn 3, 1
[2] cf. Rm 8, 29
[3] cf. Jn 3, 30
[4] cf. Phm 1, 16
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nos enfants de Dieu




« Alors Jésus déclara à la foule et à ses disciples : Ne donnez à personne sur terre le nom de père, car vous n’avez qu’un seul Père, celui qui est aux cieux. » Mt 23, 9
                             

Nos enfants sont-ils vraiment nos enfants ? Certes ils viennent de notre chair. Par la naissance, mais surtout de par notre amour de père et de mère, la transmission de ce que nous sommes, par l’influence définitive que nous exerçons sur eux – responsabilité exorbitante.

Mais ils viennent aussi du souffle de Dieu. Ils sont nos petits frères en humanité et par l’Esprit enfants du Père comme nous[1], de la multitude des puînés du Christ[2]. Dans la vie éternelle nos liens de filiation s’estompent. Seul reste notre amour ; un amour dépouillé de ses ambiguïtés, ses scories de possessivité, de dépendance ou de pouvoir. Un amour d’égal à égal. Alors, peut-être que la paternité d’ici bas n’est qu’un rôle. Un service nécessaire pour que nos enfants puissent grandir et se construire. Un rôle délicat ; essayer de reprendre la paille dans leurs yeux en dépit de la poutre qui obscurcit notre regard, avec toujours cette inquiétude que nos poutres n’aient enfanté leurs pailles. Un rôle provisoire, contingent, dont nous ne sommes pas dignes et qui nous dépasse.

Et peut-être qu’au-delà des rôles la nature profonde, spirituelle de notre relation est la communion fraternelle. Un amour qui passe aussi par les failles. Un amour entre faibles. Entre des enfants faibles par nature et des parents qui se découvrent faibles, qui font des erreurs, ont tort, qui ont besoin de pardon.

A l’image de Jean avec le Christ[3], peut-être faut-il que les parents diminuent pour laisser leur enfant grandir ? Petit, en acceptant de le confier à d’autres adultes bienveillants, d’autres personnalités, d’autres styles d’être au monde. Accepter et se réjouir que ces autres portent sur lui un regard différent du nôtre, qu’ils l’aident aussi à grandir et à s’accomplir. Grand, le laisser partir vers d’autres références ; choisir ses chemins, déroutants parfois. Le perdre pour le retrouver[4].

« Ils ne sont pas nés de la chair et du sang, ni d’une volonté charnelle, ni d’une volonté d’homme : ils sont nés de Dieu. » Jn 1, 3



[1] cf. 1Jn 3, 1
[2] cf. Rm 8, 29
[3] cf. Jn 3, 30
[4] cf. Phm 1, 16
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