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novembre 2014

Mission Leonetti-Claeys : Wait and see.

Personnellement je n’aurai pas lancé ce débat mais puisque c’est
parti, je vais mettre mon grain de sel.

Le rapport de la mission Leonetti-Claeys rejette l’euthanasie
: Un acte médical « consistant
à ménager une mort sans souffrance à un malade atteint d’une affection
incurable entraînant des douleurs intolérables ».

Cela engloble donc potentiellement des personnes qui ne sont
pas en phase terminale d’une maladie mortelle comme par exemple des handicapés
ou  des malades chroniques ou encore des
malades atteints de maladies graves mais qui ne sont pas en phase terminale.

Le rapport de La mission Leonetti-Claeys opte pour la
sédation terminale : Endormir un malade incurable en fin de vie (c’est à dire
alors que le processus de la mort est  enclenché) pour une durée raisonnable (6 à 12
heures)  afin de faire disparaître la
perception d’une situation qu’il juge insupportable après une décision
conjointe du soignant et du patient.

Si la loi correspond à cela, personnellement je l’approuve
et je ne signerai pas l’appel qui tourne en ce moment.

Et à ceux qui me diront qu’il vaut mieux prévenir que guérir,
qu’il faut refuser tout pour éviter la suite, je rappelle au passage le point de vuede Mgr Pierre d’Ornellas : «Il faut sortir du faux dilemme entre les
partisans pour ou contre l’euthanasie, qui est un dialogue de sourds ! […] 
Rester dans le pour ou contre, c’est prendre en otages les personnes en fin de
vie ».

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Mission Leonetti-Claeys : Wait and see.

Personnellement je n’aurai pas lancé ce débat mais puisque c’est
parti, je vais mettre mon grain de sel.

Le rapport de la mission Leonetti-Claeys rejette l’euthanasie
: Un acte médical « consistant
à ménager une mort sans souffrance à un malade atteint d’une affection
incurable entraînant des douleurs intolérables ».

Cela engloble donc potentiellement des personnes qui ne sont
pas en phase terminale d’une maladie mortelle comme par exemple des handicapés
ou  des malades chroniques ou encore des
malades atteints de maladies graves mais qui ne sont pas en phase terminale.

Le rapport de La mission Leonetti-Claeys opte pour la
sédation terminale : Endormir un malade incurable en fin de vie (c’est à dire
alors que le processus de la mort est  enclenché) pour une durée raisonnable (6 à 12
heures)  afin de faire disparaître la
perception d’une situation qu’il juge insupportable après une décision
conjointe du soignant et du patient.

Si la loi correspond à cela, personnellement je l’approuve
et je ne signerai pas l’appel qui tourne en ce moment.

Et à ceux qui me diront qu’il vaut mieux prévenir que guérir,
qu’il faut refuser tout pour éviter la suite, je rappelle au passage le point de vuede Mgr Pierre d’Ornellas : «Il faut sortir du faux dilemme entre les
partisans pour ou contre l’euthanasie, qui est un dialogue de sourds ! […] 
Rester dans le pour ou contre, c’est prendre en otages les personnes en fin de
vie ».

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Un chat ne fait pas un chien

Que l’on écoute l’applaudimètre au parlement européen ou sur
les réseaux,  on en arrive à la même
constatation : Nous n’entendons que ce qui nous arrange, nous
applaudissons ce qui nous convient.

Ce n’est pas la première fois que je me fais cette réflexion. 

Nous prenons dans ses discours ou ses homélies ce qui nous
conforte dans nos opinions et nous n’entendons pas ce qui nous dérange. Parfois
pire, nous réécrivons avec notre logiciel interne ses mots pour les faire
sonner agréablement à nos oreilles. Ainsi par exemple, le patron de UKIP a
retenu du discours du Pape qu’il était  anti Europe !

Je suis d’accord avec Koz et sa critique de notre personnel
politique mais je pense qu’il faut aussi écouter ce discours à titre individuel
comme François nous y a d’ailleurs engagé au début de son discours au parlement européen :
«  je m’adresse à travers vous aux cinq cents millions de citoyens des 28
pays membres. »

Combien de fois nous personnellement trouvons nous ses mots
justes et vrais sans en tirer les conséquences dans nos vies ?

Combien de fois nous personnellement faisons le tri entre ce
qui qui nous convient et qui donc ne nous demandera pas trop d’efforts et ce
qui nous coûterait une telle conversion que nous préférons l’oublier très vite.
Il faut tout prendre, c’est un tout mais qui le fait 
vraiment ?
Pas moi.

Pour en revenir aux discours aux instances européennes, j’ai
été aussi frappée de ne pas voir grand monde relever que François n’est pas
venu pour asséner la vérité mais pour tendre la main et appeler au  dialogue. Il parle même de nouvelle agorà. « Il s’agit
d’effectuer ensemble une réflexion dans tous les domaines, afin que s’instaure
une sorte de « nouvelle agorà », dans laquelle chaque instance civile
et religieuse puisse librement se confronter avec les autres, même dans la
séparation des domaines et dans la diversité des positions, animée
exclusivement par le désir de vérité et par celui d’édifier le bien
commun.»

Renouer le dialogue à l’heure ou nous nous déchirons sur de
multiples sujets, à l’heure où les postures l’empêchent.

Personne n’en parle parce que personne ne veut faire cet
effort là non plus.

Ok il a bien parlé, maintenant reprenons nos débats qui nous
évitent le dialogue que l’on soit membre d’un parlement ou simple citoyen.

Un chat ne fait pas un chien.

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Un chat ne fait pas un chien

Que l’on écoute l’applaudimètre au parlement européen ou sur
les réseaux,  on en arrive à la même
constatation : Nous n’entendons que ce qui nous arrange, nous
applaudissons ce qui nous convient.

Ce n’est pas la première fois que je me fais cette réflexion. 

Nous prenons dans ses discours ou ses homélies ce qui nous
conforte dans nos opinions et nous n’entendons pas ce qui nous dérange. Parfois
pire, nous réécrivons avec notre logiciel interne ses mots pour les faire
sonner agréablement à nos oreilles. Ainsi par exemple, le patron de UKIP a
retenu du discours du Pape qu’il était  anti Europe !

Je suis d’accord avec Koz et sa critique de notre personnel
politique mais je pense qu’il faut aussi écouter ce discours à titre individuel
comme François nous y a d’ailleurs engagé au début de son discours au parlement européen :
«  je m’adresse à travers vous aux cinq cents millions de citoyens des 28
pays membres. »

Combien de fois nous personnellement trouvons nous ses mots
justes et vrais sans en tirer les conséquences dans nos vies ?

Combien de fois nous personnellement faisons le tri entre ce
qui qui nous convient et qui donc ne nous demandera pas trop d’efforts et ce
qui nous coûterait une telle conversion que nous préférons l’oublier très vite.
Il faut tout prendre, c’est un tout mais qui le fait 
vraiment ?
Pas moi.

Pour en revenir aux discours aux instances européennes, j’ai
été aussi frappée de ne pas voir grand monde relever que François n’est pas
venu pour asséner la vérité mais pour tendre la main et appeler au  dialogue. Il parle même de nouvelle agorà. « Il s’agit
d’effectuer ensemble une réflexion dans tous les domaines, afin que s’instaure
une sorte de « nouvelle agorà », dans laquelle chaque instance civile
et religieuse puisse librement se confronter avec les autres, même dans la
séparation des domaines et dans la diversité des positions, animée
exclusivement par le désir de vérité et par celui d’édifier le bien
commun.»

Renouer le dialogue à l’heure ou nous nous déchirons sur de
multiples sujets, à l’heure où les postures l’empêchent.

Personne n’en parle parce que personne ne veut faire cet
effort là non plus.

Ok il a bien parlé, maintenant reprenons nos débats qui nous
évitent le dialogue que l’on soit membre d’un parlement ou simple citoyen.

Un chat ne fait pas un chien.

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Dépasser la dose

Cela commence très jeune entre 13 et 16 ans, des jeunes se
convertissent à l’islam et se radicalisent rapidement. Mais pourquoi ?

On nous dit qu’ils se convertissent tout seul et se radicalisent
tout seuls sur internet.

Alors si en effet, ils ne passent pas par la case mosquée, ils ne découvrent pas l’islam tout seul
quand même.

Ils n’ont jamais lu le coran mais fréquentent de jeunes musulmans
qui ne l’ont pas lu non plus mais diffusent un mode d’emploi du salut hyper
simple : la chahada, le ramadan et le hallal. Ils sont prosélytes ces
jeunes qui trouvent sur internet les arguments pour déboussoler y compris des jeunes
cathos pas assez formés à leur propre foi pour y rester fidèle. D’ailleurs
quand ils se posent des questions sur leur propre foi, c’est sur des sites
musulmans qu’ils tombent (même si cela s’arrange depuis un an ou deux).

Environ 80 % de ces
jeunes  convertis qui ont sombré dans la radicalisation
seraient issus de familles athées et 40 % d’entre eux auraient connu des
épisodes dépressifs Lire à ce sujet ici

Je pense en complément que c’est l’âge ou l’on veut
appartenir au groupe : alors si le groupe a certaines pratiques, modes, on
y adhère pour s‘intégrer.

Bien qu’il soit dans une famille catho pratiquante, le jeune
a des amis qui sont :

Soit athées et  ils se
moquent de lui qui perd ses dimanches matins à aller à la messe (Non mais allo
quoi !) 

Soit musulmans et ils lui disent que c’est bien d’être croyant
mais qu’il est dans l’erreur parce que Jésus n’est qu’un prophète et que le
salut c‘est l’Islam. Bizarrement, la pratique de l’Islam n’est pas moquée par
les jeunes athées qui restent cois voire épatés par les courageux jeûneurs du
mois de ramadan.

Pour avoir discuté avec de jeunes cathos, il faut être sacrement
ancré dans sa foi pour tenir le coup.

Dans le cas d’un jeune d’une famille athée, c’est sans doute
à peu près la même chose. Se convertir à l’islam, c’est s’assurer le respect de
ses amis, à condition d’y mettre la dose.

Nous avons aussi les conversions pour se refaire une réputation,
quand on a trop déconné. Mais pour celles-ci c’est triple dose.

Dans tous les cas le jeune converti a besoin que cela se
voit.

C’est valable pour les garçons comme pour les filles. Il
faut que cela se voie, il faut être plus musulman que les musulmans. On passe
donc à la tenue islamique, on potasse sur internet (parce qu’à la mosquée ce n’est
pas sous-titré, et on n’y comprend rien, et que l’imam est trop progressiste..
hein ?). On devient intégriste ou pire djihadiste si on tombe sur le mauvais reseau. 

Bref on se la joue, on met la dose et parfois on la dépasse et cela finit mal.

PS1 Il y a aussi des jeunes qui se convertissent parce qu’ils
ont ressenti un appel divin, mon billet ne vise pas tous les cas bien sûr. C’est
le fruit de mes réflexions qui ne sont pas définitives car fondées sur seulement
quelques jeunes.

PS2 Je suis prête à en discuter mais je supprimerai tout commentaire
qui me semblera phobique. 

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Dépasser la dose

Cela commence très jeune entre 13 et 16 ans, des jeunes se
convertissent à l’islam et se radicalisent rapidement. Mais pourquoi ?

On nous dit qu’ils se convertissent tout seul et se radicalisent
tout seuls sur internet.

Alors si en effet, ils ne passent pas par la case mosquée, ils ne découvrent pas l’islam tout seul
quand même.

Ils n’ont jamais lu le coran mais fréquentent de jeunes musulmans
qui ne l’ont pas lu non plus mais diffusent un mode d’emploi du salut hyper
simple : la chahada, le ramadan et le hallal. Ils sont prosélytes ces
jeunes qui trouvent sur internet les arguments pour déboussoler y compris des jeunes
cathos pas assez formés à leur propre foi pour y rester fidèle. D’ailleurs
quand ils se posent des questions sur leur propre foi, c’est sur des sites
musulmans qu’ils tombent (même si cela s’arrange depuis un an ou deux).

Environ 80 % de ces
jeunes  convertis qui ont sombré dans la radicalisation
seraient issus de familles athées et 40 % d’entre eux auraient connu des
épisodes dépressifs Lire à ce sujet ici

Je pense en complément que c’est l’âge ou l’on veut
appartenir au groupe : alors si le groupe a certaines pratiques, modes, on
y adhère pour s‘intégrer.

Bien qu’il soit dans une famille catho pratiquante, le jeune
a des amis qui sont :

Soit athées et  ils se
moquent de lui qui perd ses dimanches matins à aller à la messe (Non mais allo
quoi !) 

Soit musulmans et ils lui disent que c’est bien d’être croyant
mais qu’il est dans l’erreur parce que Jésus n’est qu’un prophète et que le
salut c‘est l’Islam. Bizarrement, la pratique de l’Islam n’est pas moquée par
les jeunes athées qui restent cois voire épatés par les courageux jeûneurs du
mois de ramadan.

Pour avoir discuté avec de jeunes cathos, il faut être sacrement
ancré dans sa foi pour tenir le coup.

Dans le cas d’un jeune d’une famille athée, c’est sans doute
à peu près la même chose. Se convertir à l’islam, c’est s’assurer le respect de
ses amis, à condition d’y mettre la dose.

Nous avons aussi les conversions pour se refaire une réputation,
quand on a trop déconné. Mais pour celles-ci c’est triple dose.

Dans tous les cas le jeune converti a besoin que cela se
voit.

C’est valable pour les garçons comme pour les filles. Il
faut que cela se voie, il faut être plus musulman que les musulmans. On passe
donc à la tenue islamique, on potasse sur internet (parce qu’à la mosquée ce n’est
pas sous-titré, et on n’y comprend rien, et que l’imam est trop progressiste..
hein ?). On devient intégriste ou pire djihadiste si on tombe sur le mauvais reseau. 

Bref on se la joue, on met la dose et parfois on la dépasse et cela finit mal.

PS1 Il y a aussi des jeunes qui se convertissent parce qu’ils
ont ressenti un appel divin, mon billet ne vise pas tous les cas bien sûr. C’est
le fruit de mes réflexions qui ne sont pas définitives car fondées sur seulement
quelques jeunes.

PS2 Je suis prête à en discuter mais je supprimerai tout commentaire
qui me semblera phobique. 

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Asymétrie des vécus et violence symbolique: à propos de réactions de catholiques à un article de Yagg

J’ai été interrogé en MP sur Facebook par un de mes contacts catholiques, sur mon ressenti envers le témoignage, publié hier par Yagg, d’une homosexuelle qui a découvert que sa psy était une militante de la Manif pour tous et qui a finalement décidé de changer de spécialiste. D’autre part, je vois sur divers réseaux sociaux des catholiques, issus de sensibilités diverses, qualifier ce témoignage de « vertigineux » ou d' »indigent ».

Je trouve très difficile (et pas vraiment nécessaire ni légitime en fait) d’émettre un jugement sur ce témoignage, dans la mesure où je n’ai vécu, ni ce que peut ressentir une personne homosexuelle plongée dans l’actualité de ces deux dernières années autour du « mariage pour tous », ni les relations entre un psychologue et son patient.
Il est vrai que couper les liens avec des personnes avec qui j’avais des relations de confiance et avec lesquelles je me découvre des désaccords n’est pas quelque chose que j’ai l’habitude de faire (mais il est tout aussi vrai, concernant cet exemple précis, que je ne suis pas homosexuel et donc non directement concerné, que je ne vis pas du tout la même vie). Mais d’un autre côté, ce témoignage rejoint ce que je disais dans un article sur la « violence symbolique » des positions, mêmes bienveillantes pour certains, des militants de la manif pour tous vis-à-vis des homosexuels: comment à la fois tenir un discours sur la filiation qui hiérarchise, en termes de légitimité et d’exemplarité, les couples homosexuels et hétérosexuels, et s’étonner que cela heurte, souvent durement, des personnes homosexuelles qui ont souvent dû faire un gros effort pour s’avouer leur orientation à elles-mêmes, puis à leur entourage? 

« Et ce qui représente pour moi la grande violence de la Manif pour Tous, c’est précisément de chercher à le dissimuler ou le minimiser par tous les moyens. En soulignant (comme le rappelle l’affiche qui illustre ce billet) que ce n’est pas un problème urgent, elle nie la souffrance des homosexuels qui voit leur union reléguée au rang de sous-relations. En donnant la parole, exclusivement, aux quelques homosexuels opposés au projet de loi, pour donner l’impression qu’elle défend une meilleure intégration des gays. En se prétendant « contre l’homophobie », alors qu’elle cautionne cette violence symbolique qui valide une représentation de l’homosexualité comme « différente » et moins »naturelle » et qu’elle ne fait rien de concret pour battre en brèche les préjudices vécus au jour le jour par la plupart des homosexuels. En prétendant que la contestation d’un projet de loi qui s’intitule « mariage pour les personnes de même sexe » n’a rien à voir avec l’union des personnes de même sexe. En infantilisant les motifs de leur revendications en les présentant comme peu sérieux: par la condamnation d’un « droit à l’enfant » que personne à ma connaissance n’a soutenu, en les accusant de « réduire » le mariage à l’amour. En leur tendant un « contrat d’union civile élargie » comme on donne un jouet à un enfant pour qu’il arrête de pleurer, comme si une union distincte du mariage pouvait satisfaire cette attente fondamentale qui est d’être perçu « comme tout le monde » et de se voir reconnaitre les mêmes droits que « tout le monde ». En se plaignant, lorsque des homosexuels se laissent aller à la colère et la mettent en cause, d’être en butte à la « haine » LGBT, elle leur nie le droit d’exprimer leur révolte face à un mouvement qui nie le caractère naturel de leur relation, et de leur orientation sexuelle, qui accuse implicitement les couples homoparentaux qui existent déjà de fait de faire souffrir leurs enfants. Enfin, en niant que les homosexuels soient à l’origine de leur propre parole, de leur propre demande, en attribuant à celle-ci des commenditaires et des mobiles sombres et mystérieux: un « lobby minoritaire » (je ne dis pas qu’il n’y a pas lobby LGBT ni de radicalisation politique de certains homosexuels, mais pour en connaitre d’autres non politisés, je peux témoigner que c’est une revendication très largement partagée au delà), la « théorie du genre », la destruction des valeurs judéo-chrétiennes de notre société… » (Aigreurs administratives, « Non violente, la Manif pour tous? »).

Cette difficulté me parait encore plus nette quand on a affaire à son psy, donc à quelqu’un à qui on dévoile son intériorité, voire son intimité, et qu’on va généralement voir pour restaurer une certaine estime de soi-même: comment concilier cette démarche et cet objectif, avec un interlocuteur qui, si professionnel et bienveillant qu’il soit, dénie à votre désir et à votre vie affective et sexuelle la légitimité qu’il reconnait à ceux des personnes hétérosexuelles, et donc, au moins à un certain niveau, votre normalité? Certes, si l’auteure avait continué à ne rien connaitre des motivations de sa psy, sans doute tout aurait continué à bien se passer: mais quelque soit la facilité ou le professionnalisme avec lesquels celle-ci arrive à abstraire sa pratique médicale de ses opinions, je peux comprendre qu’à partir du moment où ces dernières sont connues de la patiente, la violence, même passive, de la découverte soit si grande qu’elle n’arrive plus à restaurer une relation de confiance (et d’après l’article, elle a vraiment essayé: il ne s’agit pas d’une banale réaction de rejet épidermique de la contradiction).

Alors je ne sais pas comment j’aurais réagi à la place de l’auteure du témoignage, et il est fort possible que j’aurais fait le choix contraire du sien. Mais JE NE SUIS PAS à sa place: je suis hétérosexuel, je suis « normal ». Si je souhaite me marier, élever des enfants, des gens ne descendront pas dans la rue pour m’en empêcher. Si j’embrasse une fille en public, je ne croiserai pas des regards dégoûtés. Si je me mets en couple, je n’aurai pas une boule dans le ventre en allant l’annoncer à ma famille. Et la violence symbolique, ce ne sont pas seulement les regards dégoûtés, la désapprobation des proches, les insultes et les brimades, ce n’est pas seulement la violence psychologique: c’est le simple fait de poser comme symétriques, équivalentes, des situations qui ne le sont pas, des vécus qui n’ont ni le même contenu, ni la même histoire, ni le même point de vue (alors que paradoxalement, la différence parait si « évidente » quand il s’agit de refuser aux homosexuels de bénéficier des mêmes droits que les hétérosexuels). Pour ma part, j’ai une de mes collègues qui est militante de LMPT: nous connaissons nos divergences, et nous continuons à travailler (et à bien travailler) ensemble. Dans mon groupe CVX, l’une des membres les plus récentes est hyper pro-LMPT, et je n’ai pas demandé à partir, et je ne le ferai pas pour ce genre de raison. Mais JE NE SUIS PAS aussi concerné, aussi intimement et viscéralement exposé, que peut l’être une personne homosexuelle au discours de LMPT. Et le simple fait de juger le vécu de l’auteure par rapport au mien , comme s’ils revenaient au même et constituaient des contextes comparables, avec des implications semblables, est violent, car ma vie est sur bien des point beaucoup plus facile que la sienne, du fait précisément de ce que nous sommes. Elle doit lutter et souffrir pour obtenir ce que qui m’est donné « naturellement »: le droit au même respect et à la possibilité de fonder (ou non) une famille comme elle l’entend. De même que tel hétérosexuel connaissant tel autre homosexuel qui aurait réagi différemment ne me parait pas pouvoir opposer de manière légitime ces deux vécus, comme s’il lui revenait d’arbitrer entre les bons ou les mauvais homosexuels, d’ériger son ressenti en critère axiologique des leurs.

Je pense qu’il est important de prendre conscience que les personnes en situation d’être dominées, exploitées ou brimées en raison de leur non conformité à la norme sociale sont en droit de revendiquer pour elles-mêmes des environnements « safe« , et des conditions de vie qui ne leur renvoient pas sans arrêt (en particulier dans des situations de vulnérabilité: par exemple face à un expert et/ou dans un cadre médical) aux pressions sociales et culturelles dont elles souffrent ou ont souffert quasiment au quotidien du fait de discours sociaux et culturels normatifs et hégémoniques qui leur assignent un statut d’anomalie. Je lisais il y a quelques jours les tweets d’une militante féministe, qui avait vécu un rendez-vous traumatisant avec une gynécologue qui se permettait toutes sortes de remarques sur les difficultés pratiques liées à son surpoids. On n’en était sans doute pas du tout là encore avec cette psy, mais j’estime que notre humanité devrait suffire à nous faire comprendre que pour des personnes sans cesse exposées (ou en tout cas beaucoup plus que la « norme ») au regard et à la parole des autres, le choix d’éviter les lieux et les personnes non « safe » quand elles en ont le pouvoir, même si cela peut paraitre pour nous hétérosexuels un peu paranoïaque, excessif ou extravagant, n’est que la simple conséquence d’une très légitime revendication d’une sécurité affective et psychologique minimale. 

Alors de grâce, plutôt que de lancer des piques faciles sur « la construction de l’image par internet », ou pire: « l’intolérance et la bêtise bobo » et « l’intolérance idéologisée », si nous n’arrivons pas tous à approuver, ayons au moins l’humilité de prendre un temps de silence pour méditer le constat que notre vie n’englobe pas toutes les vies, que certains ressentis, certaines réalités, certains comportements, certaines souffrances nous échappent, et que celui ou celle qui a (le respect, la pleine reconnaissance sociale de sa dignité, de celle de son désir et de ses choix) n’a pas la même légitimité  pour demander des comptes à celui ou celle qui n’a pas, que celui ou celle qui n’a pas pour en demander à celui ou celle qui a. Qu’il y a des situations de discernement qui nous sont inconnaissables. Ce qui ne signifie pas que tout peut être demandé dans un sens, et rien dans l’autre, mais qu’il n’y a pas de justice ni de morale authentique sans prise en compte de l’asymétrie des vécus. Ce qui devrait tout de même faire sens pour des catholiques…
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Asymétrie des vécus et violence symbolique: à propos de réactions de catholiques à un article de Yagg

J’ai été interrogé en MP sur Facebook par un de mes contacts catholiques, sur mon ressenti envers le témoignage, publié hier par Yagg, d’une homosexuelle qui a découvert que sa psy était une militante de la Manif pour tous et qui a finalement décidé de changer de spécialiste. D’autre part, je vois sur divers réseaux sociaux des catholiques, issus de sensibilités diverses, qualifier ce témoignage de « vertigineux » ou d' »indigent ».

Je trouve très difficile (et pas vraiment nécessaire ni légitime en fait) d’émettre un jugement sur ce témoignage, dans la mesure où je n’ai vécu, ni ce que peut ressentir une personne homosexuelle plongée dans l’actualité de ces deux dernières années autour du « mariage pour tous », ni les relations entre un psychologue et son patient.
Il est vrai que couper les liens avec des personnes avec qui j’avais des relations de confiance et avec lesquelles je me découvre des désaccords n’est pas quelque chose que j’ai l’habitude de faire (mais il est tout aussi vrai, concernant cet exemple précis, que je ne suis pas homosexuel et donc non directement concerné, que je ne vis pas du tout la même vie). Mais d’un autre côté, ce témoignage rejoint ce que je disais dans un article sur la « violence symbolique » des positions, mêmes bienveillantes pour certains, des militants de la manif pour tous vis-à-vis des homosexuels: comment à la fois tenir un discours sur la filiation qui hiérarchise, en termes de légitimité et d’exemplarité, les couples homosexuels et hétérosexuels, et s’étonner que cela heurte, souvent durement, des personnes homosexuelles qui ont souvent dû faire un gros effort pour s’avouer leur orientation à elles-mêmes, puis à leur entourage? 

« Et ce qui représente pour moi la grande violence de la Manif pour Tous, c’est précisément de chercher à le dissimuler ou le minimiser par tous les moyens. En soulignant (comme le rappelle l’affiche qui illustre ce billet) que ce n’est pas un problème urgent, elle nie la souffrance des homosexuels qui voit leur union reléguée au rang de sous-relations. En donnant la parole, exclusivement, aux quelques homosexuels opposés au projet de loi, pour donner l’impression qu’elle défend une meilleure intégration des gays. En se prétendant « contre l’homophobie », alors qu’elle cautionne cette violence symbolique qui valide une représentation de l’homosexualité comme « différente » et moins »naturelle » et qu’elle ne fait rien de concret pour battre en brèche les préjudices vécus au jour le jour par la plupart des homosexuels. En prétendant que la contestation d’un projet de loi qui s’intitule « mariage pour les personnes de même sexe » n’a rien à voir avec l’union des personnes de même sexe. En infantilisant les motifs de leur revendications en les présentant comme peu sérieux: par la condamnation d’un « droit à l’enfant » que personne à ma connaissance n’a soutenu, en les accusant de « réduire » le mariage à l’amour. En leur tendant un « contrat d’union civile élargie » comme on donne un jouet à un enfant pour qu’il arrête de pleurer, comme si une union distincte du mariage pouvait satisfaire cette attente fondamentale qui est d’être perçu « comme tout le monde » et de se voir reconnaitre les mêmes droits que « tout le monde ». En se plaignant, lorsque des homosexuels se laissent aller à la colère et la mettent en cause, d’être en butte à la « haine » LGBT, elle leur nie le droit d’exprimer leur révolte face à un mouvement qui nie le caractère naturel de leur relation, et de leur orientation sexuelle, qui accuse implicitement les couples homoparentaux qui existent déjà de fait de faire souffrir leurs enfants. Enfin, en niant que les homosexuels soient à l’origine de leur propre parole, de leur propre demande, en attribuant à celle-ci des commenditaires et des mobiles sombres et mystérieux: un « lobby minoritaire » (je ne dis pas qu’il n’y a pas lobby LGBT ni de radicalisation politique de certains homosexuels, mais pour en connaitre d’autres non politisés, je peux témoigner que c’est une revendication très largement partagée au delà), la « théorie du genre », la destruction des valeurs judéo-chrétiennes de notre société… » (Aigreurs administratives, « Non violente, la Manif pour tous? »).

Cette difficulté me parait encore plus nette quand on a affaire à son psy, donc à quelqu’un à qui on dévoile son intériorité, voire son intimité, et qu’on va généralement voir pour restaurer une certaine estime de soi-même: comment concilier cette démarche et cet objectif, avec un interlocuteur qui, si professionnel et bienveillant qu’il soit, dénie à votre désir et à votre vie affective et sexuelle la légitimité qu’il reconnait à ceux des personnes hétérosexuelles, et donc, au moins à un certain niveau, votre normalité? Certes, si l’auteure avait continué à ne rien connaitre des motivations de sa psy, sans doute tout aurait continué à bien se passer: mais quelque soit la facilité ou le professionnalisme avec lesquels celle-ci arrive à abstraire sa pratique médicale de ses opinions, je peux comprendre qu’à partir du moment où ces dernières sont connues de la patiente, la violence, même passive, de la découverte soit si grande qu’elle n’arrive plus à restaurer une relation de confiance (et d’après l’article, elle a vraiment essayé: il ne s’agit pas d’une banale réaction de rejet épidermique de la contradiction).

Alors je ne sais pas comment j’aurais réagi à la place de l’auteure du témoignage, et il est fort possible que j’aurais fait le choix contraire du sien. Mais JE NE SUIS PAS à sa place: je suis hétérosexuel, je suis « normal ». Si je souhaite me marier, élever des enfants, des gens ne descendront pas dans la rue pour m’en empêcher. Si j’embrasse une fille en public, je ne croiserai pas des regards dégoûtés. Si je me mets en couple, je n’aurai pas une boule dans le ventre en allant l’annoncer à ma famille. Et la violence symbolique, ce ne sont pas seulement les regards dégoûtés, la désapprobation des proches, les insultes et les brimades, ce n’est pas seulement la violence psychologique: c’est le simple fait de poser comme symétriques, équivalentes, des situations qui ne le sont pas, des vécus qui n’ont ni le même contenu, ni la même histoire, ni le même point de vue (alors que paradoxalement, la différence parait si « évidente » quand il s’agit de refuser aux homosexuels de bénéficier des mêmes droits que les hétérosexuels). Pour ma part, j’ai une de mes collègues qui est militante de LMPT: nous connaissons nos divergences, et nous continuons à travailler (et à bien travailler) ensemble. Dans mon groupe CVX, l’une des membres les plus récentes est hyper pro-LMPT, et je n’ai pas demandé à partir, et je ne le ferai pas pour ce genre de raison. Mais JE NE SUIS PAS aussi concerné, aussi intimement et viscéralement exposé, que peut l’être une personne homosexuelle au discours de LMPT. Et le simple fait de juger le vécu de l’auteure par rapport au mien , comme s’ils revenaient au même et constituaient des contextes comparables, avec des implications semblables, est violent, car ma vie est sur bien des point beaucoup plus facile que la sienne, du fait précisément de ce que nous sommes. Elle doit lutter et souffrir pour obtenir ce que qui m’est donné « naturellement »: le droit au même respect et à la possibilité de fonder (ou non) une famille comme elle l’entend. De même que tel hétérosexuel connaissant tel autre homosexuel qui aurait réagi différemment ne me parait pas pouvoir opposer de manière légitime ces deux vécus, comme s’il lui revenait d’arbitrer entre les bons ou les mauvais homosexuels, d’ériger son ressenti en critère axiologique des leurs.

Je pense qu’il est important de prendre conscience que les personnes en situation d’être dominées, exploitées ou brimées en raison de leur non conformité à la norme sociale sont en droit de revendiquer pour elles-mêmes des environnements « safe« , et des conditions de vie qui ne leur renvoient pas sans arrêt (en particulier dans des situations de vulnérabilité: par exemple face à un expert et/ou dans un cadre médical) aux pressions sociales et culturelles dont elles souffrent ou ont souffert quasiment au quotidien du fait de discours sociaux et culturels normatifs et hégémoniques qui leur assignent un statut d’anomalie. Je lisais il y a quelques jours les tweets d’une militante féministe, qui avait vécu un rendez-vous traumatisant avec une gynécologue qui se permettait toutes sortes de remarques sur les difficultés pratiques liées à son surpoids. On n’en était sans doute pas du tout là encore avec cette psy, mais j’estime que notre humanité devrait suffire à nous faire comprendre que pour des personnes sans cesse exposées (ou en tout cas beaucoup plus que la « norme ») au regard et à la parole des autres, le choix d’éviter les lieux et les personnes non « safe » quand elles en ont le pouvoir, même si cela peut paraitre pour nous hétérosexuels un peu paranoïaque, excessif ou extravagant, n’est que la simple conséquence d’une très légitime revendication d’une sécurité affective et psychologique minimale. 

Alors de grâce, plutôt que de lancer des piques faciles sur « la construction de l’image par internet », ou pire: « l’intolérance et la bêtise bobo » et « l’intolérance idéologisée », si nous n’arrivons pas tous à approuver, ayons au moins l’humilité de prendre un temps de silence pour méditer le constat que notre vie n’englobe pas toutes les vies, que certains ressentis, certaines réalités, certains comportements, certaines souffrances nous échappent, et que celui ou celle qui a (le respect, la pleine reconnaissance sociale de sa dignité, de celle de son désir et de ses choix) n’a pas la même légitimité  pour demander des comptes à celui ou celle qui n’a pas, que celui ou celle qui n’a pas pour en demander à celui ou celle qui a. Qu’il y a des situations de discernement qui nous sont inconnaissables. Ce qui ne signifie pas que tout peut être demandé dans un sens, et rien dans l’autre, mais qu’il n’y a pas de justice ni de morale authentique sans prise en compte de l’asymétrie des vécus. Ce qui devrait tout de même faire sens pour des catholiques…
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La lampe sous le boisseau.

English langage below
Je tombe par hasard sur un discours du Pape le 28 octobre
Certes La Croix a fait un article sur ce
sujet mais rien dans les autres médias.

Et pour cause. 
La presse nous donne ce qui nous intéresse et
ce qui nous permet de nous positionner à bon compte comme des défenseurs du
bien.


Le pape qui s’en prend à l’argent roi et à la culture du déchet
en présence de Evo Morales fait consensus pour qu’on ne
 mette pas son discours en lumière.
Il est casse pied ce pape.
Il nous balance les béatitudes en
plein cœur quand nous voulons simplement un smartphone qui nous permette de nous chipoter
sur le gradualisme.

Il nous colle sous les yeux Matthieu 25 quand nous préférerions  tweeter sur la couleur des rasoirs.



Il s’en prend au néolibéralisme quand nous nous y
complaisons tentant de nous convaincre qu’en triant nos déchets et en envoyant
un chèque à une ONG nous en faisons assez.

Il agace la gauche qui a renoncé depuis longtemps à la
critique du néo libéralisme pour réduire son discours au libertarisme bobo, il
agace la droite qui continue en douce à soutenir le néo libéralisme, il agace
tout le monde en fait.

Il appelle à la conversion du système dont nous critiquons
les dérives sans vouloir attaquer le mal à la racine parce que bon an mal an
nous croyons y trouver notre compte. 
Nous crions haro sur les structures de
péché, les deux pieds ancrés dans leur racine.

Il appelle à la conversion mais la souhaitons-nous autrement
qu’avec un discours de façade.

Il appelle à la sainteté quand nous nous contenterions d’être
de bienheureux consommateurs.

L’argent est roi, nous sommes tous ses serviles et il le dit.

Bref, il met la barre haute et nous préférons passer dessous
en brandissant des étendards rassurants  qui nous évitent de la voir.

Et je suis la première concernée. 


The lamp under the bushel basket

I’ve just red a Pope’s
28 October speech.

Only rare articles
were written on this subject for good reason .

The press gives
us what interests us and what allows us to position ourselves cheaply as
defenders of good.

The pope attacking
the king money and culture of waste in the presence of Evo Morales make consensus
on do not put light his speech.

This pope is
breaking up.

He speaks about the
Beatitudes when we just want a smartphone that enables us to quibble on gradualism.

He highlights
Matthew 25 when we prefer debate on color razors.

He criticizes
neoliberalism when we wallow on,  trying
to convince ourselves that with our waste sorting and our check sending  to an NGO we are doing enough .

He annoys the
left who has given up the critique of neo-liberalism to reduce his speech to
libertarianism  he annoys the right who continues
to support neo-liberalism. He  annoys
everyone in fact.

He calls for the
conversion of the system that we criticize the excesses without wanting to
attack the problem at its root because year after year we believe we find our
account in.

We cry out on the
structures of sin, both feet rooted in their root.

He calls for the
conversion but do we want more than a speech façade.

He calls to
holiness when we confine ourselves to be blessed consumers.

Money is king, all
we are serviles and he said it.

In short, he sets
the bar high and we prefer to go under, waving reassuring banners that prevent
us from seeing it.

And I’m the
first in question.

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