Currently browsing

juin 2015

Un homme va mourir

Un homme va mourir. C’est un homme âgé avec une infection pulmonaire cognée, un corps épuisé… il sommeille déjà, ouvre les yeux parfois. Ses genoux sont marbrés, ses mains sont froides. Il faut que je prévienne la famille. Un bref instant, j’espère qu’il n’y aura que des enfants. L’annonce est bien plus facile avec des […]

Share

Laïcité dans l’espace public : confusions et manipulations

Hier soir, toutes les gazettes relayaient l’effroi du Curé du Lavandou (Var) face à la décision du Maire de la commune de priver les paroissiens et estivants de la messe en plein air. Entretenant la confusion autour de l’expression religieuse dan…

Share

Laïcité dans l’espace public : confusions et manipulations

Hier soir, toutes les gazettes relayaient l’effroi du Curé du Lavandou (Var) face à la décision du Maire de la commune de priver les paroissiens et estivants de la messe en plein air. Entretenant la confusion autour de l’expression religieuse dan…

Share

le visage de Vincent

Comme beaucoup, j’ai été saisi par la récente vidéo de Vincent Lambert. Peut-être car on y découvre un visage.

« Je pense que l’accès au visage est d’emblée éthique. C’est lorsque vous voyez un nez, des yeux, un front, un menton, et que vous pouvez les décrire, que vous vous tournez vers autrui comme vers un objet. La meilleure manière de rencontrer autrui, c’est de ne pas même remarquer la couleur de ses yeux ! Quand on observe la couleur des yeux, on n’est pas en relation sociale avec autrui. La relation avec le visage peut certes être dominée par la perception, mais ce qui est spécifiquement visage, c’est ce qui ne s’y réduit pas. » (Emmanuel Levinas, Ethique et infini)

La médecine est une belle profession. Mais son problème premier n’est pas le visage. Ce sont les organes. Un médecin a ainsi affirmé que ses yeux tournés vers la gauche montraient l’état végétatif de Vincent Lambert. Il n’a pas vu de visage, juste des globes oculaires.

« Mais la relation au visage est d’emblée éthique. Le visage est ce qu’on ne peut tuer, ou du moins dont le sens consiste à dire : « tu ne tueras point ». » (ibid.)

Voir en Vincent un visage, voilà ce qui peut-être suscite un effroi éthique. Le visage appelle, le visage parle.

« Le « Tu ne tueras point » est la première parole du visage. Or c’est un ordre. Il y a dans l’apparition du visage un commandement, comme si un maître me parlait. Pourtant, en même temps, le visage d’autrui est dénué ; c’est le pauvre pour lequel je peux tout et à qui je dois tout. Et moi, qui que je sois, mais en tant que « première personne », je suis celui qui se trouve des ressources pour répondre à l’appel (…). » (ibid.)

« Prends soin de moi », appelle le visage, prends soin du pauvre que je suis. C’est l’honneur éthique de notre société de prendre soin de tous ceux que le handicap, la maladie, un accident ont réduit à n’être plus que visage, des visages sans capacité. Dans le soin de celui qui n’a plus de qualités se mesure peut-être notre humanité ? 
Share

Pourquoi je reste catholique, partie I

Après le billet de Maritro sur la place par rapport au Magistère, celui de Darth Manu expliquant pourquoi il reste catholique , celui de Skro et enfin celui de Folbavard qui tentent tous les deux de trouver une juste position, je … Lire la suite

Share

Oui, ta gueule, c’est le Magistère

(Coup de gueule…)

Je repense parfois à cette excellente citation de C.S. Lewis…

Le plus grand obstacle que j’aie rencontré [dans l’évangélisation] est l’absence presque totale dans l’esprit de mon auditoire de tout sens du péché. […] Les premiers prêcheurs chrétiens pouvaient présumer chez leurs auditoires, qu’ils soient juifs ou païens, un sens de culpabilité. (Que ce sens fut présent communément chez les païens est montré par le fait que l’épicurisme aussi bien que les cultes ésotériques prétendaient, bien que de manière différente, pouvoir l’apaiser.) Le message chrétien était donc dans ces jours-là sans équivoque l’Evangile, la Bonne nouvelle. Il promettait la guérison à ceux qui savaient qu’ils étaient malades. Nous, nous avons à convaincre nos auditeurs du diagnostic malencontreux avant que nous puissions nous attendre à ce qu’ils accueillent la nouvelle du remède.

L’homme des temps anciens approchait Dieu (ou même les dieux) comme l’accusé approche son juge. Pour l’homme moderne, les rôles sont inversés. Il est le juge: Dieu est sur le banc des accusés. C’est un juge plein de mansuétude. S’il pouvait s’avérer que Dieu ait une bonne défense pour avoir permis les guerres, la pauvreté, la maladie, il est prêt à écouter. Le procès pourrait même se terminer par l’acquittement de Dieu. Mais ce qui compte, c’est que l’homme siège et que Dieu est sur le banc des accusés.

J’y repense grâce à cet au demeurant fort excellent billet de l’ami Fol Bavard.

Croyez-moi, j’y crois, à la liberté de conscience, au débat, à la discussion, tout-ça tout-ça. Vraiment. 

Mais parfois, parfois, ça me ferait tant plaisir, ça me soulagerait tant, que nous tous (moi y compris!) nous faisons au moins semblant de croire ce que nous sommes censés croire en tant que catholiques: que l’Eglise n’est pas simplement une institution humaine, mais divine, dont les organes officiels (donc le Magistère) sont habilités par le Christ lui-même, Dieu fait homme, à enseigner sa vérité. 

Parfois, ça me ferait tant plaisir que nous soyions capables de prendre un minimum de recul par rapport à nous mêmes, et soyions capables de ne plus habiter le réflexe, qu’aussi bien notre nature orgueilleuse que “l’esprit de l’époque” nous a inculqué chaque jour depuis notre naissance, que je suis le détenteur de la vérité révélée, ou en tous les cas le juge proprement habilité de la vérité (parce queeee! Le libre arbiiiiiitre! Et la libertééééé! Libertéééé de penser! Liberté de conscieeeeence!), juge clément d’un Magistère qui peut certes parfois (par heureuse coïncidence?) avoir raison, mais est sur le banc des accusés.

Et que donc, parfois, parfois, parfois, l’un ou l’autre soit capable d’entendre un “Ta gueule, c’est le Magistère” et de répondre tout simplement, voire même de le penser, “Oui, c’est vrai, tu as raison, merci.”

Ce serait, à proprement parler, une divine surprise. Et quel soulagement, aussi. 

Share

le GPS ou le chemin ?

Au détour d’un entretien passionnant entre Antonio Spadaro et Jean-Miguel Garrigues, je retrouve employée l’image de Dieu comme GPS, déjà entendue en paroisse. 

Personnellement, je n’aime pas les GPS. Peut-être que je n’apprécie guère qu’une voix synthétique me dicte la voie à suivre, me retrouver au tournant à attendre ses instructions ? Je préfère, à l’ancienne, regarder la carte avant de partir – au pire sur les genoux en roulant, ou faire confiance à un copilote. Bref, que la décision au carrefour soit la mienne, ou celle d’une personne en qui je me fie. Je crois que je préfère me paumer en exerçant ma liberté que d’arriver à bon port en obéissant sans réfléchir. Sans doute un peu par orgueil, sans doute par entêtement… mais peut-être aussi pour comprendre, apprendre de cette route, et mieux y arriver une prochaine fois, ou pouvoir l’expliquer à d’autres. Me sentir responsable du trajet.
Et dans la vie chrétienne ? Il me semble que le Christ ne dédaigne pas anticiper un tantinet la route : « Quel est celui d’entre vous qui, voulant bâtir une tour, ne commence par s’asseoir pour calculer la dépense et voir s’il a de quoi aller jusqu’au bout ? » (Lc 14, 28) Qu’il ne nous parle pas en surplomb, comme la voix qui sort du GPS, mais qu’il s’adresse à notre liberté, qu’il la créé, la rend possible en nous libérant du mal pour que nous puissions librement choisir le bien. Et ces choix sont souvent compliquées ; pas simplement une petite voix à écouter, mais discernement, prière, relecture, accompagnement… 
Et si, plutôt que le GPS, Jésus était le chemin… ? Un chemin unique pour chacun, comme l’illustre la diversité du cheminement des saints. Un chemin beaucoup moins clair à suivre que la voix du GPS. Un chemin qui se découvre sous nos pas. Où l’on cherche aux croisements un balisage à moitié effacé voire contradictoire, où l’on essaie difficilement de faire correspondre la rectitude de la carte avec la réalité du paysage sous nos yeux. Un chemin où ce qui importe est de cheminer, en Christ, plus que d’atteindre une destination planifiée d’avance. Un chemin sur lequel faire route nous transforme peu à peu, nous dépouille, nous simplifie. Un chemin pour lequel tous les chrétiens ont reçu le sens de l’orientation, par le baptême et la confirmation !
Share

Certainement… sans la grâce !

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/f/f1/Rembrandt_Harmensz._van_Rijn_033.jpg/300px-Rembrandt_Harmensz._van_Rijn_033.jpg

Toujours avec les mêmes 6èmes, s’acheminer doucement vers la fin de la séquence sur la Bible en abordant le genre de la « parabole ». 

Choisir pour illustrer mon propos la parabole du Bon Samaritain. 

Lire, expliquer, commenter avec eux… pour qu’ils découvrent la définition et l’utilité de la parabole. 

Et puis, de manière inattendue, cette remarque qui fuse du fond de la classe : 

 

« Il dit bien qu’il faut aimer les autres, tous les autres, comme soi-même ??? Wesh, c’est trop dur ce truc en fait ! » 

Allez savoir pourquoi, cela m’a doucement fait sourire ! 🙂 

 

Share
Twitter Auto Publish Powered By : XYZScripts.com
Aller à la barre d’outils