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juin 2017, Page 2

En conférençant… Cardinal Lustiger, La prière de Marie

Sans me livrer à un travail d’imagination 1, je vais suivre avec vous ce que l’Écriture nous dit de la prière de Marie, sur la manière dont elle entre dans la prière de Jésus et réagit devant le Christ lui-même. C’est quelque chose que nous nous r…

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Le nouveau mystère de la chambre jaune

Par où l’agresseur a-t-il bien pu passer ? Dans le roman de Gaston Leroux, publié en 1907, une jeune victime est retrouvée dans une chambre close de l’intérieur. Le journaliste Rouletabille…

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Est-ce que Tu me regardes ?

Seigneur, mon Dieu, est-ce que Tu me regardes ? Est-ce que Tu me vois là, faire la cuisine, pensant à ma famille, le front soucieux ? Est-ce que Tu portes avec moi ceux que j’aime –  du sel, du kefta, pourvu que tout aille bien pour elle – et lui m’a l’air soucieux… Seigneur, Seigneur,…

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L’homme à qui tout réussit

Emmanuel Macron est né sous une bonne étoile. Tout lui sourit toujours. Quand il prend un risque, il empoche le gros lot. Quand il ne tente rien, il engrange. A-t-il gaffé sur les Comoriens ?…

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Effet de fête

Quand, après tant de temps en-dehors de l’ordinaire,

40 jours de Carême, 50 jours de temps pascal,

Arrive le si ordinaire lundi de Pentecôte,

On se dit « zut, finies les festivités ! ».

 

Encore que, « lundi de Pentecôte »,

Cela sonne …

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Des cathos en campagne

Après la fièvre de la campagne, j’aimerais modestement esquisser un petit point de vue en cinq actes sur le rôle qu’y ont joué les catholiques pratiquants et sur ses conséquences.

  1. Séquence « Manif pour tous » – clap de fin

Il me semble que cette élection conclut pour les cathos une séquence politique initiée par la mobilisation contre la loi Taubira. « La Manif Pour Tous » a vu en effet les catholiques pratiquants s’éprouver soudain comme force politique, apte à peser sur le cours des événements si ce n’est sur celui de l’histoire. Les manifestants furent sans conteste les premiers surpris de faire ainsi nombre – et plus d’un a dû ressentir devant cette affluence inespérée la joie et la fierté de Don Rodrigue menant ses amis à la bataille : « Nous partîmes cinq cents ; mais par un prompt renfort nous nous vîmes trois mille en arrivant au port. »
Cette démonstration de force, si elle a produit sur le travail législatif des résultats en deçà des espoirs – principalement l’abandon jusqu’à la fin du quinquennat des autres projets de réformes « sociétales », eût comme fruit plus inattendu la naissance ou la croissance d’une kyrielle de mouvements ; certains apolitiques comme les veilleurs, d’autres clairement inscrits dans le champ politique, comme les Poissons Roses vers le PS ou Sens Commun au sein de l’UMP (aujourd’hui LR).
Ces derniers mouvements, ouverts à tous mais principalement formés de catholiques pratiquants attentifs à la doctrine sociale de l’Eglise, ont tous deux tenté d’influer sur la vision programmatique du parti dans lequel ils s’inscrivaient. Ils adoptèrent pour cela une stratégie qu’on peut difficilement qualifier d’entrisme, la plupart de leurs membres étant déjà sympathisants voire adhérents de ces partis, mais sans doute plutôt de nature gramscienne. Il s’agissait pour eux, en s’appuyant sur des fondations claires et cohérentes ainsi que sur la fraîcheur et l’enthousiasme de leurs militants, de promouvoir leurs thèmes issus de la vision anthropologique catholique au sein de leurs partis respectifs, et d’amener ces thèmes à davantage structurer les débats d’idées. Tous deux sont à l’issue de cette séquence en situation d’échec.
  1. Les Poissons Roses et Sens Commun – au pied du mur
A gauche, les Poissons Roses, malgré l’intérêt et l’estime de plusieurs élus et notamment des héritiers de la deuxième gauche, furent systématiquement refoulés hors du parti par son appareil dirigeant : refus de nommer des secrétaires nationaux en proportion du score obtenu par la motion qu’ils avaient soutenue, puis instructions données aux élus et parlementaires pour empêcher les parrainages qui leur auraient permis de concourir à la primaire de gauche. Pourquoi un tel barrage ? Probablement car des thèmes propres aux poissons roses, issus donc de la vision anthropologique catholique (soutien des couples et des familles, position nuancée sur la loi Taubira, volonté de promouvoir des alternatives à l’IVG, etc.), heurtaient trop frontalement les nouveaux totems (et tabous) de la gauche progressiste.
A droite, Sens Commun, davantage en phase avec le substrat culturel des militants de base de LR, s’est fait rapidement connaître des prétendants à la primaire de la droite et les a conduit à préciser leurs positions sur les thèmes qui leur tenaient à cœur, notamment l’abrogation de la loi Taubira. On se souvient ainsi du volte-face de Nicolas Sarkozy, semblant se rallier à leur cause puis revenant sur sa parole une fois mesuré le handicap que constituerait cette promesse dans sa campagne à venir. Sens Commun a ensuite su rejoindre au bon moment la candidature de François Fillon à la primaire de droite, lui apportant militants dévoués et réseaux informels constitués lors des Manifs pour tous. Cette stratégie a semblé de prime abord fructueuse et les catholiques pratiquants formèrent le socle de Fillon pour remporter la primaire. Les attaques d’Alain Juppé dans l’entre-deux-tours, pointant une soi-disant position ambiguë de Fillon sur l’avortement et stigmatisant Sens Commun en tentant maladroitement de les opposer au pape François, n’ont fait que renforcer leur détermination, voire une certaine colère face à ces attaques absurdes et vexatoires.
Cette belle mécanique s’est enrayée durant la campagne proprement dite, lorsqu’il s’agissait de convaincre non plus une majorité des 4 millions de votants à la primaire mais des 47 millions de français appelés aux urnes. Il y eu d’abord la révélation au grand jour et avec un redoutable timing des arrangements privés de François Fillon avec l’argent public, à l’instar hélas de nombreux autres parlementaires. Sens Commun fut alors un soutien sans faille pour Fillon, contribuant fortement au succès du rassemblement organisé au Trocadéro pour le remettre en selle. Mais en fin de campagne, lors de la dernière ligne droite où tout se jouait entre les quatre candidats au coude à coude dans les intentions de vote, Fillon fût de nouveau dépeint en dangereux réactionnaire, accusations fondées sur la présence de Sens Commun à ses côtéset la dette politique qu’il aurait pu avoir envers ce mouvement s’il avait été élu. Il dût ainsi s’expliquer sur une possible nomination de « ministres Sens Commun » dans son futur gouvernement, faisant l’objet de nombreuses critiques y compris de son propre camp – beaucoup de ténors LR semblant contester la légitimité même de ce mouvement . Même François Fillon, d’une façon assez peu élégante si ces propos sont exacts, aurait estimé après son échec que Sens Commun avait « plombé sa fin de campagne » et déclaré à des proches qu’il « n’aurait pas dû leur donner autant de place dans sa campagne ».
  1. Un soutien catholique électoralement contre-productif
Mon hypothèse est ici que Fillon, comme les autres contempteurs LR de Sens Commun, n’exprime pas une position ou des regrets idéologiques, mais électoralistes. Dit plus crûment : ses positions sociétales, qui faisaient écho – même en mode mineur – à des thèmes chers aux catholiques, lui ont aliéné plus de suffrages qu’elles ne lui en ont apporté. Fillon a en effet sur-performé dans le vote des catholiques pratiquants (55% chez les pratiquants réguliers, définis comme déclarant participer à la messe au moins une fois par mois), mais a décroché chez les catholiques non pratiquants (25%). Décrochage également chez les catégories socio-professionnelles populaires, où la pratique religieuse est plus faible.
La leçon à tirer semble donc claire : la prise en compte de thématiques issues de l’anthropologie catholique et importants pour les catholiques pratiquants réguliers, si elle a permis à Fillon d’être choisi aux primaire par la mobilisation de cet électorat, se révèle in fine un handicap, car la quantité de voix apportée est inférieure à la quantité de voix que ce positionnement fait fuir comme un repoussoir. Pourtant, ces positions étaient pour la majeure partie de l’ordre du discours, de la prise de hauteur pour sortir d’une doxa caricaturale, et n’auraient donné lieu qu’à peu de changements législatif (à l’exception d’une éventuelle réécriture de la loi Taubira, non pour la remettre en cause mais pour davantage prendre en compte la filiation biologique). Ces quelques mesures ont d’ailleurs aussitôt disparu du programme LR en vu des élections législatives de juin.
A gauche comme à droite, au PS comme à LR, la réaction des partis face aux Poissons Roses ou à Sens Commun est in fine assez proche : On ne veut pas de vous. Vous incarnez des thématiques dont nous ne voulons pas dans nos projets et nos programmes, car elles ne sont pas rentables électoralement. Elles ne sont susceptibles que d’apporter les suffrages de catholiques pratiquants réguliers (largement minoritaires dans le corps électoral), mais font fuir ceux des leaders d’opinion et des « bobos », ainsi que ceux des jeunes qui les rejettent majoritairement et ceux des classes populaires qui ne s’y intéressent pas. Pas plus d’ailleurs que les catholiques non-pratiquants ou pratiquants irréguliers, pour qui les thématiques de l’anthropologie catholique ne sont pas un sujet. On peut d’ailleurs lire suivant cette grille le maintien dans une position minoritaire de Marion Maréchal Le Pen au sein du FN, les instances dirigeantes de ce parti estimant sans doute que donner trop de place à sa ligne, plus en phase avec certains thèmes catholiques (cf. sa présence dans toutes les Manifs pour tous), serait électoralement peu rentable.
  1. Le faux-nez catholique de l’identité chrétienne
Mais si les pratiquants réguliers (environ 3 millions) sont un apport minoritaire pour une élection nationale, ce n’est pas le cas des catholiques non-pratiquants (47 millions de baptisés, plus de 60% de la population se déclarant catholique). Et ce qui reste rentable électoralement, les scores de Marine Le Pen chez les catholiques non pratiquant le prouvent, c’est la « défense de l’identité chrétienne de la France ». Pour cela, pas besoin de prendre position sur des thèmes inaudibles (IVG, loi Taubira…) comme s’y est essayé François Fillon. Il suffit de quelques slogans identitaires, pour la plupart autour du thème : « défendons nos clochers contre les mosquées ».
Pour un catholique pratiquant, ces positions identitaires peuvent ou non faire écho à ses propres convictions ; le seul problème est qu’elles n’ont absolument rien de catholique ni même plus largement de chrétien. Autrement dit : défendre l’identité catholique est un projet qui n’a rien de catholique. On aura beau chercher dans tout l’Evangile ou dans les textes magistériels, rien ne demande aux catholiques de défendre une identité que l’on serait d’ailleurs bien en peine de définir de façon consensuelle – à moins de la définir comme appartenance au Christ mais ce n’est évidemment pas ainsi que l’entendent les non-pratiquants. Non, ce qu’il y a derrière cette défense de l’identité catholique, c’est la défense d’un mode de vie culturel français que beaucoup estiment à tort ou à raison menacé.
Certains pourraient voir dans cette tendance identitaire un retour de Maurras, lui qui prônait la centralité de l’Eglise dans la société française mais indépendamment de la foi au Christ – et fut à ce titre réprouvé par Rome. Il me semble que nous n’en sommes même pas là. Les catholiques non-pratiquants seraient bien en peine d’accepter un quelconque joug de la part de l’Eglise ou de s’y engager, ni même de prendre en compte ses thèmes anthropologiques comme nous l’avons vu plus haut, encore moins sans doute de bousculer leurs modes de vie pour la suivre (Laudato si…). Certes, la poignée de catholiques pratiquants de tendance maurassienne se retrouveront fort bien dans une défense de l’identité chrétienne en phase avec leurs convictions, mais ne soyons pas dupes : Ce n’est pas à un renforcement de l’Eglise du Christ que ces slogans identitaires peuvent aboutir. Le XXe siècle fournit d’ailleurs moult exemples de puissances politiques ayant instrumentalisé la défense de l’identité catholique et qui finirent en de bien peu catholiques dictatures (cf. l’Espagne franquiste, le Chili de Pinochet, l’Argentine de Videla, etc.) – sous lesquelles les catholiques qui osaient défendre la liberté et la vie furent comme les autres persécutés, le pape François l’a vécu.
Bref, le Christ ne nous promet nulle part dans l’Evangile une espèce de « califat » temporel, dans lequel l’identité chrétienne ferait corps avec l’identité culturelle d’un pays ou d’une aire culturelle donnée. Au contraire, il nous annonce insécurité et persécutions, mais promet que l’Eglise ne sera pas détruite : « la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle » (Mt 16, 13-23). En période de changements ethniques ou culturels, ces troubles identitaires chez les catholiques ne sont d’ailleurs pas nouveaux ; Saint Augustin ouvre ainsi son grand ouvrage « La Cité de Dieu » en rassurant les chrétiens que la prise de Rome par les barbares d’Alaric en l’an 410 faisait douter : l’Eglise ne s’identifiait pas avec l’Empire romain.
  1. Sautez, dansez, votez pour qui vous voudrez
Au final vers qui doit aller le vote catholique ? A qui iront-ils ? La conclusion de cette séquence est sans doute la fin de la possibilité – ou du rêve – d’un vote qui puisse être à peu près en phase avec la vision anthropologique catholique. Il leur faut maintenant accepter que des éléments épars de cette vision soient présents dans la plupart des partis politiques, mais de façon éclatée. A chacun ensuite de choisir en fonction de ses priorités, éclairées par sa foi : de la France Insoumise pour ceux qui placent en premier la justice sociale et la transformation écologique, à Les Républicains pour ceux qui préféreront une synthèse entre une mentalité plus conservatrice et la liberté d’entreprendre. Voire au Front National pour les quelques uns qui choisiront hélas de faire primer la défense de leur identité culturelle sur les principes évangéliques. Il serait d’ailleurs dommage que les catholiques ne soient pas également présents aux côtés d’Emmanuel Macron, qui continue en partie le positionnement de centre droit qui fut celui de la démocratie chrétienne au XXe siècle (par exemple dans sa volonté de relancer le projet européen, historiquement porté par les partis démocrates chrétien des pays fondateurs).
La seule position qui me semble désormais illégitime, c’est celle pour un catholique d’intimer à d’autres catholiques pour qui voter sous peine d’être étiqueté « mauvais disciple », voire « traître à la cause ». Car si les clercs ont largement abandonné ce type de consigne de vote après Vatican II, force est de constater que certains laïcs ont vigoureusement pris le relai, s’arrogeant le droit d’excommunier virtuellement sur les réseaux sociaux (et parfois hélas de stigmatiser dans les paroisses) quiconque ne partage pas leur position. C’est aujourd’hui principalement le fait de catholiques de droite, voire d’extrême-droite, qui font hélas passer leurs propres options politiques pour une vérité absolue. Alors, catholiques, entrez dans la danse, votez pour qui vous voudrez mais n’absolutisez pas le politique ni la défense de votre identité culturelle : Christ est plus grand que tout cela.

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Ftour de Pentecôte

 

Coïncidence de dates : j’ai passé la Vigile de Pentecôte invitée par une collègue et amie musulmane à un repas de « ftour » qu’elle organisait pour quelques amis.

 

Le ftour est le repas de rupture de jeûne lors du Ramadan dont l’horaire est…

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Pourquoi lire et relire la Bible

« L’Ecriture n’appartient à personne : ni à l’exégète, ni à un magistère quel qu’il soit, ni même à la communauté chrétienne. Elle se donne à chacun de ses lecteurs, à chacune de ses lectrices, comme une parole de liberté, le témoignage d’un …

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